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À Mende, on mise sur un repowering hydroélectrique

En matière d’énergies renouvelables, Mende, plus petite préfecture de France avec moins de 13 000 habitants, est surtout connue par sa centrale de cogénération (14 MW de chaleur plus 7,5 électrique) à partir de biomasse solide, en l’occurrence du bois déchiqueté issu d’une filière locale. Mais la ville disposait aussi d’une microcentrale hydroélectrique de moins d’une centaine de kilowatts depuis les années 1960.

Cinquante ans plus tard et les baisses de rendement qui vont avec, il était temps, pour le maître d’ouvrage, la SARL « Engelvin JL et B » (Jean-Louis et Bernard, deux frères), de réfléchir à un repowering (le principe est de remplacer partiellement ou totalement une installation électrique vieillissante pour augmenter son rendement).

Rapidement, il apparait que l’opération pour une centrale de même puissance ne serait financièrement pas rentable. De son coté, l’option d’une centrale plus puissante demandait un investissement important, de l’ordre de 700 à 800.000 euros.

Entre alors en jeu, et dans la SARL, des amis des Engelvin, Martine et Daniel Masseguin, un couple d’agriculteurs eux-mêmes pionniers des énergies renouvelables dans le département pour avoir été les premiers à y installer des panneaux photovoltaïques sur leurs bâtiments agricoles, il y a une dizaine d’années. Cela sur fonds propres. Le montage financier pour une installation hydro-électrique plus puissante peut alors être bouclé.

Tout ne coule pas de source…

Plusieurs années d’études techniques et de démarches administratives très (excessivement de l’avis des maîtres d’ouvrage) lentes et compliquées plus tard, les travaux – nombreux parce qu’il a fallu agrandir le canal dédié, refaire complètement le bâtiment abritant la nouvelle turbine de 350 kW et aménager un passe-poissons… – sont enfin réalisés et se terminent mi-2017. Ce pose alors un autre problème.

Le département, comme tout le sud de la France, se trouve alors en période grande sécheresse. Les premiers tests prévus en novembre ne peuvent alors avoir lieu. Le Lot, sur lequel est installée la centrale, est à un niveau trop bas. Il faudra attendre les gros épisodes pluvieux et neigeux de la toute fin d’année et des premiers jours de 2018 pour que la rivière retrouve un niveau normal.

Ce n’est donc que le jeudi 11 janvier qu’a lieu la mise en eau du canal et de la turbine pour les premiers essais techniques. Quelques fuites sur le canal et le circuit de refroidissement de la turbine sans gravité sont alors détectées et vite corrigées. La mise en route de la turbine n’a lieu que le lendemain pour une mise en production définitive prévue le jeudi 25 janvier.

Une hydroélectricité reine dans la région

Suivi par ENEDIS qui a dû réaliser des travaux de réseau électrique et installer un nouveau transformateur 20.000 Volt pour le site, la SARL bénéficie depuis l’été 2017 d’un accompagnement personnalisé par son directeur territorial Francis Poirier, très favorable à ce type de projet. Non-encore complètement contractualisé au moment de l’écriture de ces lignes, le prix de revente devrait être de l’ordre de 0,12 à 0,18 euros le KWh. Le retour sur investissement est estimé sur 10 à 12 ans.

Cette microcentrale n’est pas la seule sur le Lot dans son département source. Il en existe une autre aux Ajustons, commune de Salelles de 1.300 kW et il existe un projet depuis des années dans ce même secteur, quelques kilomètres en aval, sur le barrage de Booz d’une puissance de 500 kW, actuellement en cours d’instruction. D’autres microcentrales hydroélectriques sont également installées dans le département, sur des barrages de petites tailles ou d’anciens moulins à eau.

Le sud du massif Centrale abrite aussi des centrales hydroélectriques EDF de grandes puissances, créant à elles-seuls une autonomie électrique sur les départements de la Lozère et de l’Aveyron.

A quand un accompagnement des pouvoirs publics ?

Espérons que dans un avenir proche, à l’instar des annonces des simplifications administratives qui viennent d’être annoncées pour l’éolien et le photovoltaïque, le micro-hydroélectrique qui a un potentiel pas assez exploité bénéficie d’un meilleur accompagnement de l’Etat et des collectivités territoriales.

La production et la consommation d’électricité en circuit court étant un des grands enjeux de la transition énergétique. En particulier dans une région qui veut devenir un champion de l’énergie verte. Sinon, les investisseurs de ces microcentrales, souvent des particuliers, finiront par se lasser de la lenteur des procédures, au risque de partir investir leur argent ailleurs.

Les décideurs politiques ne peuvent plus à la fois dire qu’ils mènent une forte politique d’attractivité sur un territoire d’un côté et tout faire pour dégouter les investisseurs de l’autre.

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