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L’intercommunalité, une entité à énergie positive

Louis Boisgibault, enseignant chercheur à la Sorbonne et à Polytechnique, démontre, dans une thèse à la Sorbonne, que l’intercommunalité est devenue une entité à énergie positive, sans être pourtant labellisée comme telle. Interview.

Vous avez présenté une thèse de doctorat consacrée à la décentralisation énergétique territoriale en prenant l’exemple de la Métropole européenne de Lille et du Pays de Fayence. Pourquoi avoir choisi ces territoires français ?

Ce choix s’est porté sur deux terrains de recherche qui me paraissaient complémentaires l’un de l’autre. Lille est un espace urbain avec une forte densité de population et une culture industrielle, qui a la particularité d’avoir déjà des centrales électriques existantes, notamment celle de Gravelines qui est la plus grande centrale nucléaire européenne. Le pays de Fayence, à l’autre bout de la France, dans le Var en Paca, est plus un espace rural où il y a beaucoup de soleil, avec une activité économique plutôt artisanale et tournée vers le tourisme. Et le Var, sorte de péninsule électrique, est un territoire où se développe depuis plusieurs années des projets comme la construction de barrages sur la Siagne et à Saint-Cassien, et plus récemment avec la centrale photovoltaïque de la commune de Callian qui produit 7,4 MW d’électricité par an.

Qu’avez-vous étudié sur le terrain ?

J’ai cherché à comprendre les différentes dynamiques territoriales. Dans le cadre très particulier de la métropole européenne de Lille, j’ai étudié sa création dans la continuité de la communauté urbaine Lille métropole. J’ai regardé comment les compétences énergie et climat se mettaient en place au niveau de la métropole, et comment sur le terrain elles s’articulaient avec celles de la commune, du département, de la région puis de la nation.

Pour le pays de Fayence, j’ai observé, notamment avec le projet de Callian, comment une commune pouvait être maître d’ouvrage pour construire une centrale solaire. Parallèlement, j’ai regardé la constitution de l’intercommunalité et sa montée en puissance sur les projets énergie et climat au détriment des communes.

Les territoires sont-ils, selon vous, la clé de la réussite de la transition énergétique ?

Je pense qu’ils deviennent de plus en plus la clé car nous étions traditionnellement dans un système centralisé à la fois pour l’importation du pétrole et du gaz, et pour la construction des 58 réacteurs nucléaires. Désormais, avec la décentralisation territoriale et la déréglementation des marchés de l’électricité et du gaz, la montée en puissance du numérique, les territoires prennent de plus en plus d’importance. Il est important qu’ils s’approprient ces projets de transition énergétique. Dans les deux exemples de ma thèse, nous n’étions pas dans un cadre figé puisque nous avons eu la loi sur la nouvelle organisation territoriale entrée en vigueur en 2015 qui a résulté d’une part dans la création d’une région élargie des Hauts de France et des métropoles, et la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte. J’ai cherché à mesurer la dynamique sur les projets et comment les équipes se constituaient pour répondre de manière concrète aux défis de cette transition énergétique.

Dans votre thèse, pourquoi prenez-vous l’exemple d’un lycée en Pays de Fayence qui favoriserait la transition énergétique ?

Parce que finalement il ne faut pas uniquement évoquer de production d’électricité ou de chaleur verte mais il faut parler peut-être principalement d’efficacité énergétique, c’est à dire d’arriver à consommer moins à la fois dans les bâtiments, les transports et les industries. Dans le cas du Pays de Fayence, la construction de ce lycée empêcherait les va-et-vient de 600 élèves qui, tous les jours, partent du Pays de Fayence pour aller dans les établissements du Muy, de Fréjus, Draguignan ou Saint-Raphaël, et qui tous les jours perdent deux heures dans les transports. Le fait qu’il n’y ait pas de lycée oblige les gens à prendre leur voiture, donc à polluer. Au final, un projet d’aménagement permet de sédentariser un peu les familles et d’éviter les déplacements inutiles, les bouchons et les externalités négatives.

Crédit photo : @Office de tourisme du Pays de Fayence

 

 

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