L’exposition universelle 2017 dans les pas de l’Accord de Paris

Du 10 juin au 10 septembre 2017 se tient à Astana au Kazakhstan l’exposition universelle 2017 sur le thème de « l’énergie du futur ». L’occasion d’interviewer Pascal Lorot, le commissaire général de la France et de présenter le pavillon de la France. Interview signée Thomas Gérard.

Pourquoi le thème de l’énergie du futur a-t-il été sélectionné pour l’exposition internationale de 2017 ?

C’est le Kazakhstan qui a choisi cette thématique pour une raison très simple : ils ont souhaité se lancer dans cette aventure à un moment où ils transforment leur modèle économique pour en faire un modèle durable, compatible avec la préservation de l’environnement. C’est un acte politique. Le Kazakhstan est en train de conforter son insertion sur la scène internationale car c’est un état jeune (né il y a 25 ans suite à l’effondrement de l’URSS). Il a souhaité s’inscrire dans la ligne droite de l’ère du temps, des Accords de Paris. Cela montre une volonté d’adapter nos modèles économiques à une énergie qui devient plus rare avec la nécessité qu’elle soit plus propre.

Quelle est la politique du Kazakhstan en matière transition énergétique ?

Il y a une politique en plein développement qui vise à faire que le pays bénéficie de ses dotations factorielles et naturelles à savoir de très grands couloirs éoliens qui permettent d’installer des champs d’éoliennes, le taux d’ensoleillement dans le sud est parmi les plus élevés : des fermes solaires qui sont en train d’émerger et enfin un potentiel hydro-électrique réel dans la partie orientale. En organisant cet événement sur la thématique de l’énergie du futur ils vont nourrir leur réflexion pour asseoir leur modèle de transition énergétique. Il y a une vraie impulsion politique d’être exemplaire dans ce domaine.

Pensez-vous que l’exposition internationale puisse faire infléchir la position américaine sur le climat ?

Je ne sais pas. L’exposition internationale est une formidable opportunité pour permettre à des politiques, experts, des chefs d’entreprises qui viennent des quatre coins de la planète de confronter leurs avancées technologiques, de confronter leurs visions et d’échanger. Tous ce qui permet l’échange de manière très pacifique et très ouverte fait avancer les choses dans la bonne direction. Les américains seront présents, comme les russes, comme les français, les allemands, les indiens comme 115 nationalités… Est-ce que cela aura une importance ou un impact déterminant ? Je ne sais pas. Mais en tout cas ça sera une contribution réelle et là on s’inscrit dans la continuation de la COP 21, on est sur une lignée où les gens apprennent à se voir, à se revoir, à discuter, à approfondir et à coopérer.

Aujourd’hui, quels sont les liens énergétiques entre la France et le Kazakhstan ?

La France et le Kazakhstan ont des multiples liens énergétiques. Ce qu’il faut savoir c’est que la France est le 3e investisseur international au Kazakhstan derrière les chinois et les russes. La France a une position économique importante et significative. Elle a un rôle à jouer. Elle a la capacité à être écoutée car c’est un investisseur de premier niveau dans le pays. Les exemples ne manquent pas : Areva via sa filiale au Kazakhstan Katco produit des panneaux solaires. La France achète également de l’uranium. Enfin, Total est un grand acteur énergétique au Kazakhstan notamment autour de la Caspienne avec le projet Kashagan qui représente plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Les trois thèmes principaux du pavillon français sont : l’éco-cité, l’énergie renouvelable, la transition énergétique. A quoi peut-on s’attendre en visitant le pavillon français ?

Le premier sujet est de montrer les technologies renouvelables les plus innovantes. Le deuxième sujet va être de parler d’éco-mobilité : comment se déplacer mieux en consommant moins et en préservant l’environnement ? Le troisième sujet sera la ville intelligente : les « smart city ». On aura un grand nombre de démonstrations, d’explications, présentations à travers les 8 partenaires principaux qui sont présents (Ademe, Iter, Peugeot, Saint-Gobain, Syctom, Total, Veolia, Vicat). L’espace Ademe permettra de montrer que l’excellence de la France ce sont nos grands groupes mais c’est aussi nos TPE. La capitale européenne du high-tech et de l’innovation c’est Paris. Il y a plus d’incubateurs de start-ups à Paris qu’à Londres ou à Berlin réunis. On va essayer de montrer aussi comment faire de l’énergie illimitée avec Iter (organisation inter-gouvernementale qui regroupe 35 états). On va voir un kaléidoscope d’entreprises, de sujets qui représentent la diversité et la richesse de notre savoir-faire et notre capacité à être dans le domaine de l’excellence en matière énergétique et de développement durable.

Avez-vous l’impression que la France est perçue comme un pays leader dans la transition énergétique ?

Ce qui est certain c’est que nous avons une bonne image au Kazakhstan. La perception que nous avons au Kazakhstan c’est que la France fait partie des pays les plus avancés dans ce domaine. Il y a eu une impulsion politique en décembre 2015 avec l’accord de Paris qui a montré que la France avait un rôle leader incontestable et reconnu par tous. Si on y ajoute l’excellence de nos entreprises, on a toute la panoplie qui montre que la France est un grand pays dans ce domaine. L’Allemagne, le Japon et les États-Unis ont des domaines d’expériences bien sûr, mais on est dans le top 5 voir top 2 mondial.

Si un représentant du gouvernement français devait se rendre sur place, qui souhaiteriez-vous avoir ?

De tradition il y a toujours eu une visite gouvernementale au plus haut niveau dans des expositions universelles et internationales. C’est une formidable opportunité pour rencontrer ses homologues locaux. A ce jour (entretien réalisé le 31 mai) avec les scrutins électoraux en France, il sera difficile d’avoir quelqu’un à très haut niveau au mois de juin mais il nous restera deux mois pour accueillir. Mais il est important que la France soit représentée au plus haut niveau possible.

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