électricité solaire

La baisse des coûts de l’électricité solaire devrait se poursuivre

 

Marc Jedliczka, directeur de l’association Hespul, est plutôt optimiste sur le devenir de la filière photovoltaïque en France et dans le monde. Interview du porte-parole de l’association négaWatt.

Nous constatons une baisse régulière des coûts de l’électricité solaire. Cette baisse va-t-elle, selon vous, se poursuivre dans les prochaines années ?

Cela fait déjà plus de trois décennies que cette baisse est constante et incroyable, à des taux qui varient de 5 à 20 % par an. La courbe est partie de très haut, mais il reste des marges importantes de baisse à la fois par effet d’échelle et par amélioration des process de fabrication. .Le plus étonnant est que cette industrie lourde, très capitalistique est rythmée par des cycles étonnamment courts alternant des périodes de surproduction et de pénuries de panneaux ou de silicium.

Après la Chine, le cas de l’Inde, pays qui mise de plus en plus sur les renouvelables, et notamment sur le solaire, est symptomatique de cette baisse…

Oui, clairement. Les Indiens, qui n’avaient encore récemment pas les moyens de se payer des systèmes PV, profitent aujourd’hui de la surproduction des panneaux chinois stockés dans des containers qui font aujourd’hui baisser les prix. Résultat : dans le cadre du dernier appel d’offres en Inde pour la fourniture d’électricité solaire, réalisé pour le projet de parc photovoltaïque de Rewa, dans l’Etat du Madhya Pradesh (750 MW), les offres préliminaires reçues d’acteurs indiens et internationaux (dont GDF Suez, Eni et le Japonais SoftBank) ont battu de nouveaux record, puisqu’elles se situent entre 3,59 et 3,64 roupies par kWh, soit 16 % de moins que le précédent record établi en janvier 2016 par le Finlandais Fortum.

La fabrication des panneaux solaires nécessite des matières premières comme le silicium produit à l’autre bout du monde (en Chine principalement qui assure la moitié de la production mondiale). N’est-ce pas une manière de délocaliser les rejets de CO2 inhérents à sa production ?

Le silicium est le troisième élément le plus abondant sur terre après le carbone et l’oxygène, autant dire que la matière première est présente quasiment partout. Il peut être produit n’importe où, exactement comme le verre. Aujourd’hui, les Chinois et les Taïwanais ont une position quasi monopolistiques sur l’aval du silicium dans la fabrication de ce que l’on appelle les wafer, les tranches de semi-conducteurs, et les cellules. Si la Chine a pris un tel poids depuis quelques années seulement dans la production de silicium, c’est surtout parce que les entreprises chinoises ont pu bénéficier de lignes de crédit intéressantes de la part de leur gouvernement, ce qui leur a permis d’accompagner l’explosion de la demande mondiale.
L’industrie du silicium n’est pas plus polluantes que d’autres, dès lors que les normes, notamment européennes, sont respectées. Après le boom des années 2008-2012, les Chinois ont fait le ménage via la concentration des producteurs ce qui a permis de réduire l’impact environnemental grâce à un meilleur contrôle qu’auparavant. Cela étant dit, la fabrication des panneaux photovoltaïques consomme surtout de l’électricité de process : c’est pourquoi leur contenu CO2 est déterminé essentiellement par le mode de production de l’électricité utilisée qui peut venir d’un fournisseur « 100% renouvelable ». Les émissions de CO2 ne sont donc pas inhérentes à la fabrication des panneaux photovoltaïques mais dépendent de l’endroit où les différentes étapes de leur fabrication sont réalisées.

Le solaire est-il vraiment beaucoup plus compétitif face au charbon et au gaz ?

Même sans taxation du CO2, il atteint d’ores et déjà la compétitivité directe avec le charbon dans les régions les plus ensoleillées du monde comme Abu Dhabi ou le désert d’Atacama au Chili, où le prix du mégawattheure est sorti à 30 euros. Je suis persuadé que ces prix se pratiqueront dans quelques années en Europe.

Comment imaginez-vous le marché du solaire en France dans quelques années ?

Il va se développer de façon inéluctable parce que les fondamentaux techniques et économiques du photovoltaïque sont solides. Aujourd’hui, le problème vient du prix de vente de l’électricité nucléaire qui est indirectement décidé par l’Etat et d’un système de tarifs d’achat de plus en plus contraignant et compliqué. Sans oublier l’augmentation des coûts de raccordement au réseau pratiqués par Enedis au grand dam des communes et des intercommunalités qui en sont pourtant propriétaires. Même l’Angleterre, peu réputée pour son ensoleillement, installe plus de photovoltaïque que nous …

Crédits photo : @EDF –  SHUTTERSTOCK / TOPHER DONAHUE

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