Le 1er accord européen d’échange d’énergies renouvelables

La Lituanie et le Luxembourg ont annoncé, le 26 octobre dernier, la signature d’un accord bilatéral de transferts statistiques d’énergie produite grâce à des ressources renouvelables. Cet accord de coopération permettra au Luxembourg d’inclure dans ses statistiques énergétiques une partie de la production renouvelable de la Lituanie et d’ainsi atteindre ses objectifs de développement d’énergies renouvelables. Explications.

Le Luxembourg atteindra ses objectifs grâce au mix électrique de la Lituanie

Le Grand-Duché de Luxembourg, pays d’Europe bordé par la France et l’Allemagne, importe plus de 95% de l’énergie qu’il consomme. Pour favoriser son indépendance énergétique et s’engager dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique, le gouvernement a décidé de se fixer pour 2020 un objectif de 11% d’énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’électricité luxembourgeoise. Malgré la puissance de production hydroélectrique (1,33 GW), photovoltaïque (120 MW) et éolienne (60 MW) du Grand-Duché, cet objectif ne sera pas atteint dans les 3 prochaines années.

Conscient de cette lacune, le gouvernement du Luxembourg indique, dès 2010, dans son plan d’action national en matière d’énergies renouvelables, la possibilité de recourir aux mécanismes de coopération entre pays européens. Un protocole d’accord est d’ailleurs signé quelques mois plus tard, en 2011, avec la Lituanie pour collaborer dans le domaine énergétique.

Le choix de ce pays balte comme partenaire européen n’est pas un hasard. Ce petit pays d’Europe du Nord a atteint ses objectifs renouvelables 2020… avec 5 ans d’avance ! Le gouvernement s’était en effet engagé à atteindre d’ici l’horizon 2020 une part de 23% d’énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’électricité. Grâce notamment aux énergies hydroélectriques (880 MW), éoliennes (440 MW) et solaires (70 MW), la Lituanie dépasse la barre des 25% dès 2015.

La première application de la directive européenne sur les énergies renouvelables

L’accord de coopération entre la Lituanie et le Luxembourg a été officiellement signé à Vilnius, lors d’une cérémonie réunissant la présidente Dalia Grybauskaitė et le Grand-Duc Henri du Luxembourg. Selon les termes de cet accord, la Lituanie s’est engagée à transférer au minimum 700 GWh d’énergies renouvelables au Luxembourg sur la période 2018-2020. Ce volume énergétique est évalué à 10 millions d’euros, une somme que Vilnius consacrera à la recherche et à la construction de nouveaux projets renouvelables.

Le Luxembourg et la Lituanie deviennent ainsi les premiers pays européens à mettre en application la directive européenne sur les énergies renouvelables. Un succès dont se félicite l’Union Européenne qui voit ainsi augmenter ses chances d’atteindre son ambitieux objectif énergétique (répondre à 20% de ses besoins en énergie grâce à des ressources renouvelables d’ici 2020).

« Cet accord montre que les mécanismes de coopération donnent aux Etats membres une plus grande flexibilité pour atteindre leurs objectifs en énergies renouvelables (…). De cette manière, les pays ayant un gisement abondant et rentable en énergies renouvelables peuvent aider les autres pays à atteindre leurs objectifs », estime en effet l’exécutif européen.

Vers plus de solidarité énergétique entre les pays européens ?

La directive 2009/28/CE a une double utilité : elle fixe pour chaque État membre un objectif individuel en matière d’ENR et introduit un mécanisme de transferts statistiques entre pays pour faciliter l’atteinte de ces objectifs. Grâce à ce mécanisme, des volumes de renouvelables peuvent donc être transférés d’un pays à l’autre. Il ne s’agit pas d’un transfert physique d’énergie, mais uniquement d’un transfert de données statistiques. Cette mesure permet donc d’instaurer une forme de solidarité énergétique entre pays membres.

L’accord entre le Luxembourg et la Lituanie pourrait être le début d’une longue série d’accords bilatéraux entre pays du Vieux Continent. Au début de l’année, 11 États membres avaient déjà atteint, voire dépassé, leurs objectifs 2020 (Bulgarie, Croatie, Danemark, Estonie, Finlande, Hongrie, Italie, Lituanie, République tchèque, Roumanie, Suède). D’autres pays (Allemagne, Belgique, Chypre, Espagne, Grèce, Lettonie, Portugal…) affichaient en revanche un certain retard, et pourraient ainsi avoir besoin ponctuellement des statistiques de leurs voisins.

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